Festival International de Hammamet

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« Hraïer Touness »
« Hraïer Touness »

 La pièce docu-historique de Raja Farhat « Hraïer Touness » a été donnée hier en première au théatre de plein air de Hammamet dans le cadre de la 52è édition du FIH et à l’occasion de la célébration de la journée de la Femme et du soixantième anniversaire du CSP.

Ecrite et mise en scène par Raja Farhat, la pièce en deux actes se veut un plaidoyer pour le rôle de la femme et son importance non seulement dans la société mais aussi dans la vie économique et politique du pays. Elle est aussi un hommage aux femmes tunisiennes célèbres, illustres ou inconnues, qu’on trouve sur tous les fronts, de tous les combats. L’ouverture de « Hraïer Touness » commence par un prélude musical sur piano de Chady Garfi. Trois filles enveloppées du Safsari dansent avant que Raja Farhat n’entre en scène pour évoquer le règne de Sidi Naceur Bey, de Habib Bey et de rappeler le parcours de Mohamed Ali Hammi et de son compagnon Tahar Haddad. Ensuite il laisse la place aux comédiennes (Najoua Zouhir, Mariem Ben Hassine, Amel Farji et Najla), qui évoquent les femmes tunisiennes les plus célèbres depuis Elyssa à ce jour. Sur les notes du piano, elles appellent soixante femmes drapées de Sfasari de quitter les gradins pour prendre place sur scène. Des youyous éclatent de partout. « Hraïer Touness » avancent d’un air chaloupé pour nous plonger au cœur d’une période qui a connu beaucoup de tumultes. C’est à ce moment-là que Raja Farhat présente Tahar Haddad et invite le comédien Raouf Ben Amor à lire la préface de son livre « Notre Femme dans la Charia et la société ».

Les tableaux s’enchainent, on passe de la cérémonie d’hommage du 30 octobre au Belvédère, au discours d’Ahmed Deraï et la riposte de Tahar Haddad, au discours du Cheikh Mohamed Salah Ben Mrad (Al Hidad Ala3 Imraet El Haddad), aux télégrammes d’indignation qui fusent, en provenance de toutes les régions de la Régence, pour clore le premier acte par une marche funèbre jouée par Chady Garfi et les funérailles de Tahar Haddad. Le deuxième acte commence par un bulletin d’infos qui annonce le 27 juillet 1956, que Bourguiba a ordonné le ministre de la Justice Ahmed Mestiri et les Cheikhs Al Islam d’unifier le système judicaire tunisien, de dissoudre les Hbous et de promulguer le Code du Statut Personnel. On passe en revue les péripéties qui ont conduit à l’aval du Mufti Sidi Abdelaziz Djaïet de la motion qui préconise l’interdiction de la polygamie et instaure le divorce civil. Raja Farhat déclame le discours solennel de Bourguiba où il fait sauter les derniers verrous grâce à son machiavélisme, sous un déluge d’ovations.

Le tableau final est une scène de fête et de joie dans laquelle dansent « Hraïer Touness », quand Bourguiba surgit au milieu d’elles et leur ordonne de se débarrasser du Safsari. Du coup plusieurs femmes quittent les gradins et se joignent à la danse des femmes libérées et libres. Ce tableau final est une des manifestations de l'image resplendissante de la Tunisie et l'incarnation même d’une femme consciente de la noblesse de sa mission, déterminée à être partie prenante de la vie nationale et pleinement au fait de l'ampleur des enjeux et défis présents. « Hraïer Touness » ont été hier au rendez-vous.