Festival International de Hammamet

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Au gré des sonorités maghrébines
Au gré des sonorités maghrébines

Pour sa toute première soirée estivale dans l’enceinte du théâtre d’Hammamet, la 54ème édition du festival international de la ville a cédé la scène à l’incontournable Zied Gharsa, qui s’est produit dans la nuit du 12 juillet, sous la houlette du Maestro Mohamed Lassoued et de l’orchestre national tunisien. Ils ont ouvert le bal munis d’un registre garni de sonorités typiquement tunisiennes. Avant gout d’une soirée réservée à un public de mélomanes férus présent sur place afin de découvrir ce que réserve « Parfum d’Ambre ».

La surprise a été dévoilée aussitôt, près de 45 minutes après le début du spectacle : contrairement aux années précédentes, le virtuose tunisien a partagé la scène avec l’algérien Mohamed Adlen Fergani. Deux grands maitres du Malouf maghrébin qui partiront à la conquête d’un public assoiffé de sonorités typiques.

Le spectacle valorise le patrimoine musical traditionnel issu de la Constantine et de la Tunisie et est grandement porté par deux voix masculines envoutantes. Zied Gharsa, fervent gardien du patrimoine musical tunisien depuis des décennies et Mohamed Adlen Fergani, descendant d’une grande lignée de virtuoses algériens « les Fergani » tiendront les rênes du spectacle en s’alternant pendant près de 2h : sonorités raffinées et notes musicales légères, véritable baume pour les oreilles. Les deux artistes se sont mutuellement salués en exprimant leur gratitude l’un à l’autre. Zied Gharsa a déclaré devant la foule qu’il n’avait jamais auparavant monté sur scène avec un artiste en plein concert. « Je me sens comme emporté par une émotion, une nostalgie régnante et je suis très honoré par la présence de Fergani. Mes salutations au Maestro Mohamed Lassoued et aux musiciens talentueux de l ‘OST ». Leur talent se reflète dans leur détermination majeure à préserver le Malouf, qui tire son essence d’un patrimoine musical maghrébin riche et de plus en plus précieux, transmissible à la nouvelle génération. Leur mission principale consiste également à forger l’identité et à préserver la mémoire.  

Place au théâtre le lendemain 13 juillet 2018 à partir de 22h avec la pièce de théâtre « Al Kadimoun » de Sami Nasri produite par le Centre des Arts Dramatiques et Scéniques du Kef et inspiré de « Diwan Zenj » de Ezzedine Madani. Il s’agit d’une œuvre théâtrale mise en scène dans les années 70 par la troupe régionale du théâtre du Kef et est présentée tel un retour aux sources de l’histoire contemporaine du théâtre tunisien. La pièce a été programmée afin de rendre hommage à feu Moncef Souissi, fondateur de la troupe et de célébrer aussi les 50 ans du CADSK. L’intrigue tournera autour d’une révolution et aura comme toile de fond divers bouleversements et enjeux politiques. Elle ré-esquisse précisément la révolte des esclaves au temps des Abbassides.