Prière éternelle
975 Lundi 15 Août 2016
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Sculpture de Sghaier Ouled Ahmed à Dar Sébastien

Centre culturel international de Hammamet, Maison de la méditerranée pour les arts et la culture. Le visiteur qui aura aimé saisir la puissance triomphante du site, les caresses du soleil, les éclaboussures de couleurs, les effluves parfumés de la Méditerranée, les senteurs envoûtantes de romarin, de jasmin, de lavande, se retrouvera conquis par la grâce exquise d'une caresse dans la fraîcheur incomparable des sous-bois ou de la brise légère des plages.

Ravis de humer à peu de frais un parfum d'exotisme et d'aventure, son jardin a inspiré des poètes, écrivains, des romanciers, depuis le grand jour jusqu'au dernier des rimailleurs. On ne saurait ici énumérer le nombre d'hommes et de femmes célèbres qui ont foulé son sol ou navigué sur ses eaux. C'est dans ce cadre chanté par les poètes, hanté par les légendes, décrit par les croque-notes, que Dar Sébastien, qui reste pure et garde une paix sans égale, accueille la mémoire d'un grand poète. Est-il dans la grandeur du décor qui nous environne, rien de plus beau que cette nouvelle sculpture du poète Sghaier Ouled Ahmed qui se dresse avec fierté dans la façade maritime de la villa ? Imaginée et conçue par Sadika Keskes, la sculpture, une œuvre de 2,70 mètres de hauteur, en pierres reconstituées, montre le personnage de Sghaier Ouled Ahmed, silhouette frêle, coiffé d'un chapeau.

La bouche ouverte, comme s'il déclamait un poème. Debout sur un tapis vert en métal et en verres sur le quel des poèmes ont été écrits en encre, la position du personnage donne à la sculpture l'allure d'une prière éternelle. Fruit d'une résidence artistique au Centre, Sadika Keskess, est parvenu, grâce à la collaboration des artisans de la région, de restituer une belle sculpture d'une voix belle, rebelle et engagée. Une sculpture qui vient immortaliser l'image d'un poète proscrit par les codes et les régimes car criant sa révolte contre la domination, la répression et l'exaction des tyrans à la face du monde. Cette sculpture qui sera dévoilée au public le 13 Août 2016 à l'occasion de la célébration de la journée de la Femme et du soixantième anniversaire du CSP, est aussi un hommage à un poète qui a placé la patrie (Ouhoubbou El Bilad) et la femme (Nisaou Biladi) au cœur de son combat.

Tout comme sa poésie, écrite en arabe littéraire, et qui n'est pas juste rigide, immobile, coincée dans les vers ou rimes, mais vivante, animée, pleine d'harmonie, la sculpture se veut une œuvre artistique pleine de sens et de symboles. Elle est dans l'action, la méditation, le recueillement, l'amour, la passion et la création. Placée à l'extérieur de Dar Sébastien, en face de l'allée qui conduit au magnifique jardin et à la plage, elle se dresse majestueusement dans un endroit plébiscité par les grands hommes qui ont foulé ce passage avec une merveilleuse vue sur les jardins embaumés, sur le golfe de Hammamet aux eaux limpides et que survolent de blanches colombes. Un endroit que le poète chérissait et que sa sculpture en viendra sceller à jamais le souvenir.